La parole dans les organisations

Samedi 13 août 2005
Dans notre blog, je souhaite aborder la question de la parole dans les organisations (j'ai remplacé entreprise par organisation dans les catégories car c'était trop restrictif)

Je vous décrirai la place de la parole dans mon unité (10 agents), dans mon groupe (30 agents),  dans mon service (300 agents), dans mon Ministère et dans la fonction publique en générale.

Je vous illustrerai également  mes propos par tous les exemples d'organisation dont j'ai connaissance : entreprise,  clubs, associations, syndicats, etc

Je souhaiterai que vous me décriviez en retour la place de la parole dans les organisations que vous fréquentez afin que nous puissions réfléchir ensemble à la place de cette parole et faire des propositions pour la favoriser.

La parole intervient sous  de nombreuses formes dans les organisations :
  •  La parole top-down :  de la hiérarchie vers les agents
  •  La parole down-top : des agents vers la hierarchie
  •  La parole horizontale : entre des agents

Cette parole à plusieurs origines
  • l'information  normalisée de l'organisation de type top-down
  • la parole libre, informelle
  • la parole sollicitée : en réponse à une demande
  • la parole acceptée : on ne vous demande pas formellement  votre avis mais il est pris en compte
Que pensez vous de cette première proposition de classification ? Voyez-vous d'autres types de parole dans les organisations. ?

Demain, je vous dirai comment du café renversé sur un bureau pose des questions politiques  fondamentales
 
Par Rico
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Dimanche 14 août 2005
Jeudi matin, j'ai renversé ma tasse de café sur le bureau du dessinateur  de mon unité en son absence.

J'ai souillé des dessins disposés sur son bureau. Heureusement, il s'agissait de dessins  que j'avais moi même fait à la main pour lui et que je peux donc  refaire sans dificulté.

J'ai nettoyé  le bureau avec les bouts d'éponge disponibles aidés par des collègues.

J'étais extrèmement géné d'avoir souillé le bureau de notre dessinateur , gène renforcé par le fait que j'ai bu le café sur son bureau en son absence et donc sans sa bénédiction.

Notre dessinateur est arrivé pendant que je réparais mes dégâts. Je me suis confondu en excuses qu'il a accepté amicalement.

Notre dessinateur est très sympathique et il a l'habitude de voir des gens buvant le café dans son bureau.

Je me suis posé la question suivante :
Qu'a exprimé mon inconscient dans mon acte de renversement de café ?

J'ai compris que mon inconscient fomulait une demande hautement politique :
Nous avons besoin d'une salle de café pour notre unité !
En souillant le bureau d'un collègue, je démontrais la nécessité d'un espace de café.

En effet, un espace café fait cruellement défaut dans notre unité. D'autres unités du même service ont des espaces café mais pas nous.

Boire un café sur le bureau de mon déssinateur a été pour moi le jeudi 11.08.05 le résultat du processus suivant
1) rencontre d'une collègue dans  les couloirs de mon unité
2) invitation par cette collègue à boire un café dans le bureau des dessinateurs
3) invitation par cette collègue à s'assoir sur le bureau de notre dessinateur.

Nous sommes allés dans le bureau des dessinateurs car c'est là que se situe la machine à café. Cependant, cette pièce n'est pas une salle de café. Cest un bureau de travail. Il n'y pas de tables pour déposer nos tasses ni de chaises pour s'asseoir. En plus, les dessinateurs qui occupent ce bureau peuvent être génés dans leur production  par la présence des buveurs de café.  Ils apprécient souvent leur présence, les tolère parfois et rarement, mais ça arrive, les subisse.

L'unité s'est construite un espace faisant office de salle de café car elle en avait besoin mais cette espace n'est absolument pas adapté.

Je le savais déjà, et ça faisait dailleurs partie des sujets de conversation avec la  colègue que j'avais rencontrée le matin.
Mon inconscient en a fait explicitement et publiquement la preuvejeudi matin.

Le 18/08/05, je vous dirai pourquoi un espace café dans notre unité nous manque.











 
Par Rico
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Mardi 23 août 2005
Le café est un moment privilégié ou les agents d’une organisation peuvent échanger des informations de manière informelle.

Je vous disais donc que, la  semaine dernière, j’avais occupé le bureau de notre dessinateur pour boire mon café avec une collègue.

Ce temps de parole m’a permis :
1. d’apprendre à mieux connaître cette collègue et donc de me sentir plus proche d’elle et de renforcer notre potentiel de travail en commun
2. de parler du projet dont j’avais la charge et de solliciter son avis sur la méthodologie que je souhaitais mettre en œuvre
3. de connaître la façon dont elle à l’intention de s’intégrer dans le projet et donc ses besoins, attentes et souhait
4. de parler de l’organisation dans le projet et d’identifier des pistes d’amélioration
5. de passer un bon moment

Il se trouve que cette conversation m’a été très profitable d’un point de vue professionnel car elle m’a permis de sonder de manière informelle un membre de l’équipe projet sur la façon de piloter le projet. Je n’aurais jamais pu avoir ces informations par une voie formelle, tout d’abord car la rencontre de cette collègue n’était pas une priorité pour moi , ensuite car j’ignorais qu’elle pouvait m’apporter les informations dont elle m’a fait part.

Dans le cadre de la  dynamique de groupe, cette conversation a crée du lien social et donc à augmenter notre potentiel de travail en commun ce qui est très appréciable dans le cadre d’un dynamique de type projet.

Cependant, le service ne dispose pas d’espace café identifié. Le hiérarchie ne l’a pas identifié comme manque et ils serait même considéré comme subversif  d’en faire la demande. L’agent pris en défaut de boire un café est en position de coupable alors qu’il participe à un processus essentiel de communication au sein de l’organisation.

Pour ma part, c’est au cours d’un thé presque quotidien dans le bureau d’une collègue voisine que je donne vis à mon projet et participe activement à la vie du service.

Un structure ne peut pas vivre sans espace café. Certains de mes collègues occupent le bureau des dessinateurs. Je bois un thé avec une collègue. C’est insuffisant mais largement mieux que rien du tout.



Par Rico
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Mardi 17 octobre 2006

Comment faire passer un message ?

Les organisations mettent à disposition des membres qui la composent de nombreux outils permettant de limiter l’usage de la parole pour faire passer un message : mail, planning partagé, intranet, …. Mais le meilleur moyen de transmettre un message reste l’utilisation de la parole.

De nombreuses personnes assimilent  un message qu’à partir du moment où ils sont informés oralement alors qu’ils ont déjà reçu ce message par l'intermédiaire  de nombreux supports. La parole implique une prise de conscience du récepteur grâce à la magie de l’échange  entre deux individus.

Parler et écouter une parole, ce n’est pas seulement décrypter des mots c’est avoir un contact avec autrui qui rend le contenu échangé important.

Par Rico
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Jeudi 2 novembre 2006

Qu'est ce qui fait l'efficacité d'une organisation ? Certainement, la capacité des membres de cette organisation à travailler ensemble, à se coordonner. Et qu'est ce qui permet cette collaboration ? C'est la communication. Évidemment, dans notre société le mot communication est désigné à tort et à travers comme responsable de tous les maux et on recherche désespérément les nouveaux médias qui vont résoudre les problèmes. Or, on n'oublie souvent que pour faciliter les échanges, la solution la plus simple est de réunir les individus en créant des espaces de parole. La collaboration ne se décrète pas; des individus travailleront spontanément ensemble s'ils ont une certaine proximité qui ne peut qu'être le résultat d'un échange de paroles. La parole est le préalable à tous les autres médias. Sans parole, il ne peut pas y avoir de collaboration.

Par Eric
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Vendredi 3 novembre 2006

Les chercheurs les plus fertiles sont ceux qui passent le moins de temps dans leur laboratoire  de recherche. Evidemment, j’exagère un petit peu car il faut tout de même rester un minimum dans son laboratoire pour obtenir des résultats. Néanmoins, en sortir  pour rencontrer d'autres chercheurs permet d’élargir ses compétences et  son point de vue et d’être informé des nouveautés. C’est avant tout la rencontre avec l’autre qui permet de progresser, les informations qu’il peut nous apporter mais également son avis sur nos travaux en cours. La encore, la parole reste le moyen le plus efficace de synchroniser les esprits.

Par Eric
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