Parler, oui, cela m'est nécessaire, mais on me fait taire ou on ne m'écoute pas. Même les médecins ne parlent que de pilules antidépressives, répondent au téléphone durant l'entrevue et ici au Québec, on nous change de médecins sans nous donner d'explications, et on nous en met un autre sans savoir si ça ira. Lorsque l'on m'a changé de thérapeute de soutien (sans me le dire), j'ai rencontré la suivante et je lui ai dit : pourquoi ne m'a-t-on pas prévenue ? Je ne peux pas parler à coeur ouvert à une personne que je vois pour la première fois. Et pourquoi ne m'a-t-on pas avertie que la personne changerait ? Je suis un dossier. Préviens-t-on un dossier qu'il sera changer de tablettes ? Et chez moi, je suis la femme invisible. Je parle, les autres continuent de faire leurs choses, alors je parle à mon chat. Avec ses grands yeux doux, j'ai l'impression que lui seul comprend comment je suis. Ce n'est pas facile de trouver quelqu'un à qui parler. Dès que vous parlez maladie, physique ou psychologique, vous n'avez pas le temps de terminer votre phrase, qu'un sermon et des conseils miracles vous tombent dessus. Ils font ça pour votre bien, c'est sûr, mais j'aimerais tellement pouvoir me raconter à quelqu'un d'attentif, qui n'a pas la zappette dans les mains, ou autre distraction. Je me sens comme une feuille de "papier Saran". Invisible et collant. Alors, depuis un bout de temps, je me réfugie dans ma chambre, je ferme la porte et je reste seule avec mon chat. Je ne sais plus quoi faire pour me sortir de là. Toi, tu dis que tu as une femme qui t'écoute et qui t'aime et que ce fut là le tournant de ta dépression. Moi, je n'ai personne.
Commentaire n°1
posté par
Marie Emma
le 18/04/2006 à 19h15
Un jour j'en ai eu marre de me taire ... alors j'ai dit tout haut ce que je pensais tout bas depuis longtemps. Dans mon boulot c'est moi qui faisait le travail et ma collègue qui récoltait les fruits en se faisant mousser. Un jour, cette collègue est devenu ma supérieure hiérarchique et la tout à basculer. Si je devais la résumer je dirai en 2 mots, incompétence et méchanceté. À peu près à la même époque j'ai eu de gros ennuis de santé, donc absence au travail. De gros ennuis personnels (santé de mes parents, décès, Halzeimer du parent restant et je suis fille unique) alors le travail c'était un peu mon fil rouge, le retour à la normalité. Mais j'avais trop souffert et je ne comprenais pas que quelqu'un puisse me pourrir la vie gratuitement et pour des choses aussi insignifiantes, alors j'ai ouvert la bouche et je lui ai donné mon point de vue. Depuis elle passe son temps à m'humilier, me rabaisser, elle cherche à me faire démissionner. Aujourd'hui je me retrouve à la maison en arrêt maladie pour dépression. Trop fragilisée me dit le Psy, il faut que je me "reconstruise". Mais en aucun cas je ne regrette d'avoir parlé. Si c'était à refaire je n'hésiterai pas mais je le ferais peut-être d'une autre manière. Je suis très directe et je veux apprendre à dire ce que j'ai à dire sans heurter ou le moins possible, de façon à pouvoir dire ce que j'ai sur le coeur. Aujourd'hui je souffre beaucoup parce que je n'ai pas pu crever l'abcès et je n'arrive pas à digérer les injustices que l'on m'a fait subir. Mais je sais que je sortirai de là et que j’en sortirai renforcée.
Commentaire n°2
posté par
Lydie
le 03/05/2006 à 08h34
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