Mercredi 31 août 2005
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Quitte à le répéter encore une fois, je suis heureux jusqu’à 20 ans. C’est donc bien plus tard que j’identifierai que je présentais quelques signes d’une fragilité latente . Tout d’abord de suis anxieux. Dès l’école primaire, mon instituteur me catalogue comme tel. Je ne saurai dire de quoi j’ai réellement peur mais le fait est que je crains que les choses ne se déroulent pas comme je le souhaite. Cela se manifeste principalement dans le domaine scolaire où l'échec m'angoisse. En fait, c'est ce qui me pousse à travailler à l'école. A l'approche d'un test, je consacre tout mon temps libre à réviser. Une fois l'épreuve passée, l'attente du résultat est insoutenable et je m’attends au pire. Je fais souvent des cauchemars pendant cette période. La remise des copies se révèle également un moment pénible.
Je fais de plus en plus de sacrifice pour réviser avant les interros : je ne vais pas au judo, je ne sors pas chez des copains. Jusqu’à présent, mon angoisse n’est pas préoccupante au sens pathologique du terme. A partir de la terminale, mes relations sociales en pâtissent puisque ma priorité devient la réussite scolaire. J’ai toujours de nombreux amis mais je suis de moins en moins bavard. C’est d’ailleurs pendant cette période que je vais pour la première fois consommer des anxiolytiques. Grave erreur ! J’en garde un très mauvais souvenir car il ont eu effet inhibiteur dont je me suis rendu compte par la suite. Pas encore adulte, je suis déjà consommateur de psychotrope, réellement drogué par ces quelques gouttes rouges dont je ne rappelle plus le nom.
En maths sup, j’arrête les anxiolytiques mais la peur de l’échec entrave mon épanouissement. Mon unique et immense plaisir vient de la satisfaction que j’ai à conserver le premier rang. Pourtant, à cet instant, je suis toujours un jeune homme équilibré, social et heureux.
Un autre signe de ma fragilité est l’incapacité à être satisfait de mes prestations intellectuelles. Même si j’obtiens toujours finalement la meilleure note, je suis inexorablement convaincu que j’ai échoué. Chaque interrogation est un drame que je fais partager à mes parents et à mes amis qui finissent par ne plus me croire au vue de mes résultats.
Par ailleurs, mes résultats scolaires devenant peu à peu l’unique source de mon bonheur, je deviens de plus en plus exigent et il m’arrive d’être déçu mélancolique, voire légèrement dépressif lorsque je ne suis pas le meilleur dans toutes les matières.
Suite le 07/09/05, où je vous dirai comment j'ai basculé de l'autre coté
Par Rico
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Publié dans : Ma dépression
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