Lettre à Christohe André et Patrick Légeron
Auteurs de
La peur des autres
Trac, timidité et phobie sociale
J'ai acheté et lu votre livre au coeur de ma dépression car je me croyais phobique social
.
Notre blog m'a donné envie de le relire.
Tout d'abord, je tiens à vous féliciter d'avoir écrit un livre sur la difficulté de parler. Votre livre est précieux et montre à tous ceux qui ont la parole en souffrance qu'ils ne sont pas seuls et qu'il existe des solutions.
J'ai néanmoins quelques critiques à vous formuler.
D'abord le titre.
La peur des autres : a-t-on des difficultés avec sa parole parce qu'on a peur des autres ou parce qu'on a peur de soi ?
Trac, timidité et phobie sociale :
Je comprends pas pourquoi vous aborder deux états certes parfois génant, le trac et la timidité mais qui ne remettent pas l'individu en cause dans son intégrité et un problème important que vous présentez comme une pathologie, la phobie sociale
Tracs et timidité sont des petits soucis de la vie quotidienne. Ils sont handicapants mais inévitables.
Ce que vous appelez phobie sociale et un problème bien plus important puisqu'il privé l'individu de sa parole. Pour autant, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une pathologie et qu'il soit souhaitable d'enfermer les gens en souffrance avec leur parole dans une catégorie spécifique. Pour moi, il est important que quelqu'un en difculté avec sa parole puisse trouver une aide pour lui faciliter sa parole. Pour autant, cette personne n'est pas malade. Il est vrai que les diffciltés à s'exprimer provoquent des mal être comme l'angoisse et la dépression et que, dans l'autre sens, des états comme la dépression et l'angoisse nous rendent la parole bien plus difficile. Je comprends donc qu'on puisse soigner la difficulté de parler .
Ensuite les solutions :
Parmi les solutions pour retrouver sa parole, vous proposez les thérapies comportementales. C'est une piste intéressante cependant je ne comprends pas pourquoi vous remettez en cause l'efficacité des thérapies à tendance analytique.
Vous dites :
P.216
"Les thérapies cognitives comportemenzatales (TCC) sont les psychothérapies les plus utilisées dans la prise ne charge de l'anxiété sociale. Elles ont fait l'objet du plus grand nombre d'études attenstant de leur efficacité".
Le fait d'être l'objet d'une évalution est-il le signe d'efficacité ? Quels sont les critéres utlisés ?
p.216
"La question du pourquoi et des raisons de ces dysfonctionnmenet passe délibérément au second plan, car à ce jour, rien ne permet de penser -ni études scientifiqeus ni témoignages - que comprendre pourquoi on était anxieux social améliorait l'anxiété sociale"
Comprendre les origines d'une difficulté n'a-t-il vraiment aucun effet positifs sur cette difficulté ?
p.217
"La tendance des thérapeutes spécialisés dans le traitement de l'anxiété sociale est donc de se concentrer plutôt sur les efforts de changement concrets et actuels que sur la réflexion à propos du passé ou de l'inconscient du phobique social"
Peut-on améliorer la parole sans toucher aux profondeurs de son être ?
p.263
"Une autre étude constatait quand à elle que les patients phobiques sociaux se voyaient proposer des thérapies analytiques - qui n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité dans l'anxiété sociale - beaucoup plus souvent que des TCC"
Et les témoignages d'amélioration de la parole par l'analyse si nombreux sur le web , à commencer par le mien ?
Que vous vendiez votre technique TCC, je le comprends.
Que vous dissuadiez les personnes en souffrance de se tourner vers d'autres thérapies, je ne le comprends pas .
Par Rico
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Publié dans : Psychothérapie
3
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La raison pour laquelle ils n'encouragent pas à suivre d'autres thérapies pour mettre plus de chance de notre côté: parce qu'ils défendent leur petite entreprise! Le marché n'est pas extensible à l'infini.
La TCC c'est la grande arnaque du siècle, un retour en arrière insensé puisqu'il consiste à supprimer le symptôme et se désintéresse de la cause initiale. Tout le contraire de la démarche analytique de Freud et les autres...
Je ne conseille pas à un dépressif de se lancer là-dedans mais seulement les personnes qui présentent des troubles particuliers du comportement sans raison (apparente). Et encore...
Traiter le symptôme n'est pas la solution.
Une fois j'ai lu dans une méthode pour timide:
"quand vous aurez terminer vous oserez dans un restaurant demander à coucher avec le garçon"
Et je crois que c'est possible, par thérapie comportementaliste, mais ça ne sert à rien si vous passez pour dingue et qu'il vous rit au nez.
C'est le risque avec ces méthodes qui ne vont pas au fond du problème, remplacer un problème par un autre.
4 ans plus tard, je me permets de prendre le contre-pieds des commentaires précédents qui me semblent être le fruits de préjugés vis-à-vis des TCC, savamment distillées par la psychanalyse.
Premièrement, je précise que c'est en tant que psychologue que je m'exprime.
Ensuite, pour votre gouverne, l'idée selon laquelle les TCC ne soigne que les symptôme n'est pas étayée ni par les observations cliniques, ni par les recherches scientifiques. Il est également faux de dire que la plupart des interventions en TCC occassionnent des "transferts de symptôme". L'apparition d'un autre symptôme après une thérapie peut être la cause non d'un déplacement du problème mais plutôt de l'apparition d'un problème concomitant caché par le premier jusque là. Les psychanalistes voudraient bien sûr vous faire croire qu'il s'agit d'un déplacement de symptôme, mais rien, si ce n'est leurs propres théories (elles-mêmes non fondées sur la recherche scientifique), ne vient appuyer cette idée.
Les neurosciences ont en réalité mis en évidence que des changements structurels cognitifs profonds étaient observés après une TCC. Ces changements sont visibles par IRM, pour ainsi dire. Et ces changements s'opèrent "par couches" : s'il est vrai que les premières étapes d'une TCC passent par une certaine superficialité (les dialogues conscients, les comportements observables), à terme et par l'exercice, c'est un changement structurel profond qui s'exerce et qui va jusqu'aux croyances inconscientes sur le monde, sur soi, etc.
Aux dernières nouvelles, la psychanalyse ne parvient à certains résultats qu'après des années d'analyse, sans que le lien entre l'analyse et la rémission soit garanti. La guérison peut être le fruit de la maturation, à la rigueur de la meilleurs connaissance que l'on a de soi après une analyse. Mais penser que la parole à elle seule guérit est un raccourcit non pertinent. La parole soulage, la parole permet de structurer, mais au final ce seront toujours les actions qui feront la différence. Et cela, la psychanalyse ne l'offre pas.
Si on a vraiment besoin d'une écoute et d'exprimer d'inconscients soupirs, je recommanderais plutôt les thérapies humanistes de type rogérienne. Vous avez l'écoute, vous avez la parole, vous avez la réflexion, mais avec les "interprétations" (basées sur... quoi ?) en moins...
Bonne chance !